Gaëlle Alméras est autrice et illustratrice de bande dessinée mais aussi passionnée de sciences. Elle élabore un grand travail autour de la vulgarisation scientifique pour les enfants et a été, en ce sens, pendant plusieurs années médiatrice au planétarium de Vaulx-en-Velin. Est paru en 2018, déjà chez Maison Georges, sa bande dessinée Le Super Week-end de l’espace.

Sur le même principe que sa précédente bande dessinée sur l’espace, on suit dans Le Super Week-end de l’océan une bande de quatre petits animaux anthropomorphes aussi malins que drôles qui partent camper sur un petit îlot entouré de l’océan. Si les vacances sont faites de jeux, blagues et baignades, elles sont aussi prétexte à découvrir dans toutes ses dimensions leur environnement du moment, l’océan. Au fil des chapitres, tout cet écosystème est passé en revue, du cycle de l’eau, des marées, de la faune, de la flore, des abysses notamment.

Gaëlle Alméras développe ici son propos dans cette bande dessinée entre fiction et documentaire dans un équilibre très bien trouvé. Une réelle narration fluide et amusante est créée autour de ces personnages avides de découvertes et d’explications à leurs questions. Ils explorent tout, des plages jusqu’aux fonds marins, entre documentaire et grande aventure à hauteur d’enfant. Tout le récit fonctionne ici autour du mystère et de l’exploration dans une fascination et un émerveillement tout enfantin de la joie des découvertes. Les petites histoires entre ces personnages en vacances forment la trame du récit, le cœur de la narration. Ils passent alors de blagues en découvertes et de découvertes en explications sur un mode très fluide et naturel. Tout est raconté et expliqué par la discussion entre les personnages, rendue d’autant plus aisée par sa représentation en bande dessinée. L’on est entre explorations, questionnements et amusements pour un grand plaisir de lecture et d’apprentissage ludique. La curiosité des uns amène l’explication des autres de façon fluide et ponctuée de petites blagues renforçant la légèreté de la lecture.

Dans ce récit prend forme un documentaire riche en informations poussées. Sont présentés vingt chapitres variés et denses, développant en profondeur différents aspects du sujet bien vaste de l’océan. Si le livre est foisonnant d’informations, il n’en est pas moins clair par sa construction thématique et fluide par sa narration. Voilà un documentaire riche, clair, complet et scientifiquement étayé où l’on peut en apprendre beaucoup même en tant qu’adulte. La grande précision documentaire développée ici est le fruit de recherches importantes de l’autrice dont le travail a été relu par Marjolaine Matabos, chercheuse à l’Ifremer, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer. Malgré la densité et la justesse des informations apportées dans cette bande dessinée, le ton, très juste, reste léger et sans prétention. Cela rend le documentaire pourtant riche en informations très accessible et intéressant, aussi instructif que malin.

Une notion d’écologie est de plus développée par l’autrice autour de la protection des océans et du climat. L’idée intéressante est alors de développer une conscience écologiste chez le lecteur par l’aspect documentaire. C’est en comprenant la fragilité de l’écosystème des océans que l’on peut s’emparer du sujet et le défendre.

Le travail graphique de Gaëlle Alméras est très intéressant ici. On retrouve, du Super Week-end de l’espace, la finesse de son trait au rotring, ses effets de trames par de petits points dans des pages détaillées en noir et blanc. Ses compositions sont libres et sans gaufrier, offrant beaucoup de souplesse à la narration alternant entre des pages aux grandes illustrations ou d’autres au texte plus dense centrées sur certains détails. Les personnages ont un aspect presque mignon et amusant pouvant faire penser notamment au Ariol de Marc Boutavant. Mais à cela s’ajoute sur certaines pages un grand travail sur la couleur à l’aquarelle avec différents tons de bleus pour la profondeur de l’océan et de beige pour le sable avec l’apparition petit à petit au fil des découvertes de nouvelles couleurs jusqu’au fond noir saisissant des abysses. Certaines doubles pages renferment des panoramas à déplier particulièrement fascinants développant des plans de coupe ou des vues sous-marine. La représentation de l’océan prend un tour bien plus réaliste pouvant aller vers l’illustration scientifique. Par ces deux styles graphiques se mêlant à certains endroits, sont séparés visuellement la fiction et le documentaire. Le passage de l’un à l’autre est alors tout aussi fluide que concret, dans une séparation parfois marquée par le niveau de la mer pour un très bel effet graphique.

Le Super Week-end de l’océan, Gaëlle Alméras, Maison Georges, 24,90 euros, à partir de 8 ans.

Pour écouter l’émission Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin où cette chronique a été diffusée (vers 73 min environ).

Pour plus d’informations sur Gaëlle Alméras et sur les éditions Maison Georges.

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