Pour cette première chronique, j’avais envie de parler d’un album édité par une maison d’édition indépendante que j’aime beaucoup pour son humour, ses découvertes graphiques et sa mise en avant de nouveaux auteurs, Les Fourmis rouges. Synthétisant à merveille tout ce que j’aime dans les publications de cette maison d’édition, je vais aujourd’hui parler de Grenouilles voraces et grasses limaces d’Anne Zeum, paru il y a quelques mois.

Je connaissais déjà un peu le travail d’Anne Zeum, dont c’est le premier album, par les affiches de concerts ou pochettes d’albums qu’elle avait déjà illustrées dans un style psychédélique très années 70 dans les formes, couleurs et typographies.

Grenouilles voraces et grasses limaces nous plonge dans l’histoire de Guston et de son potager bien rangé et tiré au cordeau où vont s’affronter grenouilles et limaces, mettant à mal cette organisation millimétrée jusqu’à ce que le jardinier les empoisonne avec du limacide… Les petites bêtes vont alors se regrouper et se venger pour retrouver un écosystème sans produits chimiques ni ordre bien établi allant vers une forme de permaculture !

Voilà donc une histoire sur l’écologie et la biodiversité racontée avec beaucoup d’humour et de décalage tant dans le texte que dans les illustrations et qui ravira autant par son propos que par sa drôlerie. Qu’il est bon de pouvoir s’amuser autant avec de tels sujets qui n’ont rien d’austère mais dont le traitement parfois trop sérieux peut en éloigner bien des lecteurs !

Le texte y est presque musical avec des rimes bien trouvées sur fond d’humour virant au potache, ce qui crée un décalage d’autant plus amusant et pertinent.

Ce texte est porté par les très belles et drôles illustrations d’Anne Zeum qui reprend dans son style très psychédélique la vie de ce potager à hauteur de petit animal, limace ou grenouille, ce qui en donne une version réjouissante proche, dans le principe, de la photo macro donnant à voir du très petit en gros plan et donnant ainsi au vivant une toute autre dimension entre l’étrange, le grotesque, le monstrueux ou le bizarre. Ainsi, de petites plantes deviennent une jungle, un paysage spatial ou des boyaux dans un aspect entre fantastique et dégoûtant qui réjouira tant les enfants que les adultes.

Cela est renforcé par les silhouettes et la typographie tremblés, les fonds noirs et l’usage de couleurs tantôt fortes tantôt vaporeuses à l’encre et à l’aquarelle accentuant les référence à l’esthétique des années 70.

On pense alors, dans cette fable écologique, tant au dessin animé Yellow Submarine autour des Beatles pour le psychédélisme voire le surréalisme, à Tom-Tom et Nana dans le dessin très détaillé de Bernadette Després qu’à la science-fiction des années 70 et 80 de Métal Hurlant pour les couleurs et les détails étranges donnés par cette perspective à même la terre.

Grenouilles voraces et grasses limaces, Anne Zeum, éditions Les Fourmis rouges, au prix de 17 euros, à partir de 4 ans.

Pour écouter la chronique et toute l’émission Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin où elle a été diffusée.

Pour plus d’informations sur Anne Zeum et sur les éditions Les Fourmis rouges.

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